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La Chine à travers l'oeil d'un artiste photographe français
Rencontre avec Michael Kern, artiste photographe ayant étudié dans l'Empire du milieu. Il nous parle de la Chine il y a 10 ans, et comment selon lui elle a évolué aujourd'hui. Paroles d'un homme lié à la Chine pour la vie...
11/09/2007


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Parti étudier en Chine en 1998, Michael Kern a eu la chance de développer une relation privilégiée avec ce qui devrait devenir dans le futur la première puissance mondiale. La réalité chinoise dix ans auparavant était bien différente de celle d'aujourd'hui. Néanmoins, dans le perpétuel changement certaines choses se maintiennent intactes, tel nous l'explique notre interlocuteur, aujourd'hui photographe professionnel.

Toute la Chine : Bonjour Michael, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Toute la Chine ?

Michael Kern : aujourd'hui photographe, j'ai réellement commencé à m'intéresser à la photographie à mon arrivée en Chine. Elle m'est soudainement apparue comme une vocation, la nécessité de témoigner. Petit à petit, mes recherches se sont impregnées de mes questionnements personnels vis-à-vis de mon environnement, pour finalement désigner, ce qui me semble être le moteur de ce pays : la spiritualité.

TLC : En 1998, vous avez obtenu du gouvernement chinois une bourse pour étudier deux ans en Chine. Comment avez vous obtenu ce précieux sésame ?

MK : La chine d'aujourd'hui, n'est plus ce qu'elle était en 1998, je pense que les démarches nécessaires à l'obtention d'une bourse d'études ont dû évoluer... Néanmoins, je conseille les étudiants désirant poursuivre leur cursus en Chine d'entrer en contact avec l'ambassade de Chine en France bien sûr, mais également avec l'Institut national des langues et civilisations orientales afin d'obtenir un maximum d'informations.

TLC : Qu'avez vous étudié si loin de la France ?

MK : Avant d'entrer aux Beaux arts de Pékin, il m'a fallu apprendre le chinois... j'ai donc passé quelques mois à l'Université des langues et cultures de Pékin, pour finalement m'échapper de l'université et vivre en banlieue, chez une amie chinoise, où j'ai pu perfectionner les bases acquises à l'école. Un choix administrativement acrobatique, qui m'a permis de sortir de l'atmosphère confinée d'une université internationale pour réellement découvrir cette culture si différente de la nôtre.

TLC : Comment s'est déroulée votre vie étudiante dans l'Empire du milieu ? Est-il très différent d'étudier en Chine qu'en France ?

MK : En France j'étais étudiant aux Beaux arts, autonome et responsabilisé par un système éducatif encourageant les étudiants à se prendre en main. L'école en Chine fut un choc... je retrouvais les salles de classe, les horaires fixes, et une atmosphère extrêmement infantilisante. Avec le recul, je pense aujourd'hui que l'apprentissage y est si dense, qu'un cadre rigoureux me semble effectivement indispensable. Juste un mauvais moment à passer...

Avez-vous senti un regard spécial de la part des Chinois à votre égard ? De la curiosité ou de la méfiance ?

MK : Encore une fois en 1998, il y avait peu d'étrangers à Pékin et encore moins dans les campagnes. Mais un peu d'humour et la maîtrise de la langue, surtout de l'argot, facilitant les échanges, je n'ai que très rarement ressenti de méfiance ou d'agressivité à mon égard, bien au contraire, il s'agissait souvent de bienveillance baignée d'une douce curiosité. Depuis quelques années tout cela a changé et il est très rare d'entendre «laowai» derrière soi.

TLC : Qu'avez-vous gardé de ces deux années en tant qu'étudiant dans l'un des pays les plus fascinants de la planète ?

MK : Une agréable sensation d'être chez soi à l'autre bout du monde...

TLC : Aujourd'hui, vous collaborez avec des studios de design et des artistes chinois. En quoi consiste votre fonction au sein de ces partenariats ?

MK : Il s'agit tout simplement d'échanges professionnels et amicaux, j'apporte une touche occidentale à certaines réalisations tout en apprenant à comprendre les jeux de métaphores typiquement Chinois.

TLC : Quelles sont les principales difficultés lorsque l'on travaille avec des Chinois ?

MK : Il faut savoir laisser une partie de soi en France et accepter la différence. Peut-être est-il utile dans un premier temps de s'octroyer un moment d'observation, afin d'appréhender ce pays de façon plus juste. Apprendre l'empathie. Trouver la bonne distance.

TLC : Parlons plus en détails de la Chine. Vous vous y rendez souvent ?

MK : Nous conservons une image très superficielle de ce pays, souvent dictée par des enjeux économiques. La Chine se présente à nous malgré tout profondément marquée par un récent passé chargé d'événements socialement et culturellement grave...

Ce pays fait à présent partie de ma vie, j'y ai en quelque sorte grandi et certains amis qui me sont chers vivent là bas. Mais je ressens le besoin de tourner le regard dans d'autres directions à présent, car si la Chine évolue, le reste du monde également...

TLC : Depuis votre premier contact avec ce pays, selon vous, qu'est-ce qui a évolué le plus vite ?

MK : Tout en surface change. En 1998 nous vivions la fin de quelque chose, la queue de la comète. L'atmosphère y était différente, plus lourde, mais plus concrète. Aujourd'hui, la vie y est pour certains plus simple et les grandes villes se modernisent intelligemment. Ce qui ne change pas, c'est ce qui fait de ce pays ce qu'il a toujours été : la nécessité de conserver l'état d'esprit de celui qui vit l'instant présent, ici et maintenant. Il ne s'agit pas là d'un renoncement face à certaines lourdeurs, mais bien d'une réelle ouverture d'esprit, pilier de millénaires d'existence et de mutations radicales.

TLC : Comment décririez vous les Chinois ?

MK : Chaque génération de chinois a vécu dans un pays différent, le 3eme age porte les stigmates de la guerre, les quinquagénaires sont marqués par la révolution culturelle, les trentenaires ont grandi avec l'ouverture du pays et les enfants cherchent leurs places dans l'histoire.

TLC : En une phrase, comment définiriez vous la Chine ?

MK : Je vous répondrais par une définition :

«WUWEI» : Le non agir ; vide de la conscience et absence d'excès émotifs appelés  «pureté».



Nicolas Jucha

   




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