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Rétro 2006 : une seconde vie pour les relations sino-japonaises ?
L'année 2006 restera t-elle comme l'année charnière ayant vu la Chine et le Japon se rapprocher enfin ? Depuis la nomination de Shinzo Abe à la tête du gouvernement japonais, les deux pays asiatiques semblent lancés sur la voie de la réconciliation.
04/01/2007


Le premier ministre japonais Shinzo Abe
crédits : Japan Times




Depuis la Seconde Guerre mondiale, les relations sino-japonaises, déjà difficiles en raison de la rivalité entre les deux pays pour le leadership de la région est-asiatique, étaient devenues exécrables. Etait-on proche d'une guerre entre les deux pays ? Difficile à dire, mais il était sûr et certain que les tensions étaient fortes et semblaient irréversible.

Yakusuni, l'offense de trop

Par la suite, la voie du développement économiques des deux pays, et leur volonté -ce fût d'abord de la cas au Japon, puis en Chine à la fin de l'ère communiste- de se développer et se fondre dans le marché international, ne laissait pas la place à un éventuel conflit armé qui n'aurait fait que des perdants.

L'heure était donc à l'entente cordiale de façade en dépit du passé, mais les visites, ces dernières années, d'officiels japonais au temple shintoïste de Yakusuni, auront été la goutte (de trop) ayant fait débordé le vase des rancunes chinoises.

Le souvenir des exactions de l'armée japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale -en particulier le massacre de Nanjing et l'occupation d'une partie de la Chine par le Japon-, le négationisme historique japonais (occultant certains épisodes de la Seconde Guerre mondiale dans ses livres d'Histoires) ou encore la simple rivalité historique entre les deux pays, tout a refait surface et s'est mélanger pour créer une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Il faut comprendre que Yakusuni, temple Shintoïste source des plus récents contentieux, habrite parmi ses sépultures plusieurs criminels de guerre japonais. L'offense était donc impardonnable pour les autorités et le peuple chinois.

Dans la population chinoise, notamment celle des villes telle Shenyang, Jinan, ou encore Nanjing, le mépris et la haine envers le Japon prit alors des ampleurs incontrôlables. La situation ne semblait pas pouvoir s'améliorer, le gouvernement japonais ne semblant pas en mesure d'offrir à la Chine ce qu'elle attendait de son voisin : la reconnaissance des crimes du passé, des excuses, et surtout la fin des pélerinages à Yakusuni, devenu temple de la discorde...

Shinzo Abe, la stratégie de la conciliation

Considéré comme négationistes et réactionnaires voire impérialistes, les Japonais sont alors devenus plus que jamais l'incarnation du mal pour beaucoup de Chinois. Et mi-septembre, la nomination de Shinzo Abe à la tête du gouvernement nippon, ne semblait pas pour nombre d'observateurs, être d'augure à changer la donne.

Leader du Parti libéral démocrate au pouvoir à Tokyo, Shinzo Abe était perçu comme un grand partisan des visites à Yakusini, et décrit comme un «Faucon» réactionnaires pour certains médias. Et pourtant...

Monsieur Abe a pris tout son monde à contre pied. Dès le début de son mandat, il a fait du rapprochement entre son pays et le voisin chinois sa priorité... avec un certain succès. Pas de visites à Yakusuni, sujet sur lequel il a toujours été discret, et surtout, une volonté de faire admettre à son pays les erreurs de son passé.
,br> Avant même sa nomination, quant celle-ci n'était plus qu'un secret de polichinelle, le chef du gouvernement japonais avait indiqué sa volonté de se réconcilier avec la Chine, mais aussi ses autres voisins. Dès sa première conférence de presse officielle comme numéro un japonais, il confirmait ses dires, se justifiant de l'intérêt réciproque, voire régional, d'une bonne entente sino-japonaise.

Des espoirs pour le futur

Un appel du pied qui a reçu une réponse favorable de Pékin, et qui se traduisit rapidement dans les faits : début octobre, le lundi 8, Shinzo Abe effectuait sa première visite officielle à l'étranger en tant que Premier ministre à Pékin, où il était accueilli en grandes pompes. Un évènement historique puisqu'aucun officiel japonais n'avait été accueillit en Chine depuis 5 années, en raison des relations détériorées lors du mandat de Junichiro Koizumi.

L'importance accordée par monsieur Abe à la relation de son pays avec la Chine était claire : une priorité. Aujourd'hui, la normalisation des relations entre les deux pays semble en bonne voie. Les deux pays ont décidé d'étudier ensemble leur Histoire commune, de renforcer leurs échanges culturels, et les présidents chinois et japonais, Hu Jintao et Shinzo Abe, semblent plus que jamais ouverts au dialogue.

2006, et l'arrivée au pouvoir à Tokyo de Shinzo Abe aura donc marqué un tournant. Si le chemin est encore long pour une normalisation totale des relations sino-japonaises, et même si les blessures du passé seront difficilement oubliables, il est évident que la situation a connu une évolution heureuse en cette année 2006. A 2007 de confirmer la tendance...

Nicolas Jucha

   




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